Yvenie Chouloute une flamme indomptable, une légende en devenir dans la lutte pour l’émancipation des femmes
Dans la houle des luttes haïtiennes, Yvenie Chouloute surgit comme une flamme indomptable, une voix qui refuse le silence imposé aux femmes et aux filles. Yvenie est une jeune femme haïtienne dont le parcours conjugue rigueur académique, engagement communautaire et vision féministe. Fondatrice et présidente de l’organisation Femmes Indépendantes Éduquées et Féministes – FIEF, elle incarne une génération qui lie savoir, action et poésie militante pour transformer la condition des femmes et des filles en Haïti. Elle porte dans ses gestes la mémoire des ancêtres marronnes, et dans ses paroles la clarté d’un avenir où l’émancipation n’est plus une promesse mais une conquête. Son féminisme n’est pas une posture académique : c’est une respiration, une nécessité vitale, une insurrection douce et ferme contre les chaînes invisibles qui entravent la dignité féminine.
Titulaire d’une Licence en économie à l’Université de Port-au-Prince, complétée par un diplôme en gestion de projet à l’Université Quisqueya. Elle a également suivi des formations spécialisées dont un Master 1 en Management de l’innovation. Notre équipe est allé à sa rencontre à l’occasion de la journée internationale des droits des femmes.
Qu’est-ce qui vous a conduit à vous engager dans la lutte pour les droits des femmes ?
Mon engagement est né d’une observation très simple : les femmes ont du potentiel, mais elles n’ont pas toujours les mêmes opportunités pour le développer. En grandissant et en évoluant dans différents espaces professionnels et académiques, j’ai vu beaucoup de femmes talentueuses manquer d’accès à la formation, au réseau ou aux ressources nécessaires pour avancer. Cela m’a poussée à agir concrètement. C’est dans cette logique que j’ai fondé FIEF, une organisation qui vise à promouvoir l’inclusion et l’autonomisation des femmes à travers la formation, le leadership et l’innovation.
Y a-t-il un moment fondateur ou une expérience personnelle qui a marqué votre parcours militant ?
Oui. Le moment fondateur a été la création de FIEF. Au départ, c’était simplement une volonté de créer un espace pour accompagner des jeunes femmes vers l’éducation, les compétences et l’autonomie. Mais en voyant l’impact réel des formations, des bourses et des activités que nous organisons, j’ai compris que l’engagement pouvait réellement transformer des trajectoires de vie.
Fondation de FIEF : Créée pour répondre aux inégalités criantes de genre en Haïti, FIEF s’ancre dans les communautés locales et adopte une approche inclusive et transversale. Sa devise « former pour transformer » traduit la conviction que l’éducation et l’autonomisation sont les clés de la libération féminine.
Comment définissez-vous aujourd’hui le féminisme dans votre vie et votre action ?
Pour moi, le féminisme est avant tout une démarche de justice et d’équité. Il ne s’agit pas d’opposer les femmes aux hommes, mais de créer une société où les femmes ont les mêmes chances de s’épanouir, de participer aux décisions et de réaliser leur potentiel.
Chaque pas qu’elle fait est une déclaration de souveraineté. Elle ne parle pas seulement pour elle-même, mais pour toutes celles que l’histoire a reléguées aux marges. Dans ses yeux brûle la certitude que l’autonomisation des femmes est la clef de la renaissance nationale. Elle tisse des alliances, elle bâtit des espaces de parole, elle transforme la douleur en énergie créatrice. Sa voix est une houle qui secoue les inerties, une musique qui réveille les consciences endormies.

Quels sont, selon vous, les principaux obstacles que rencontrent encore les femmes dans votre communauté ou pays ?
Les obstacles sont multiples : l’accès limité à l’éducation et aux opportunités économiques, les stéréotypes liés aux rôles de genre, ainsi que le manque de représentation des femmes dans les espaces de décision. Ces barrières freinent encore beaucoup de femmes dans la réalisation de leurs ambitions.
Comment conciliez-vous les luttes féministes avec d’autres combats sociaux ?
Les luttes sont liées. La lutte pour les droits des femmes s’inscrit naturellement dans les combats pour la justice sociale, l’éducation et les droits humains. Une société plus équitable pour les femmes est aussi une société plus juste pour tout le monde.
Quels sacrifices ou défis personnels avez-vous dû surmonter dans votre engagement ?
S’engager demande du temps, de l’énergie et parfois de faire passer les besoins collectifs avant les siens. Il faut aussi faire face aux critiques ou aux incompréhensions. Mais chaque impact positif que l’on voit chez une femme accompagnée donne la force de continuer.
Quelles femmes vous inspirent le plus dans votre militantisme ?
Je suis inspirée par toutes les femmes qui, malgré les obstacles, continuent de se battre pour leur autonomie et leur dignité. Les femmes qui travaillent dans l’ombre, qui élèvent leurs enfants, qui entreprennent ou qui s’engagent dans leur communauté sont aussi des modèles de courage et de résilience.
Comment transmettez-vous cette inspiration aux jeunes générations ?
À travers la formation, le mentorat et les espaces d’échanges que nous créons avec FIEF. L’objectif est de montrer aux jeunes filles qu’elles ont le droit d’avoir des ambitions et qu’elles peuvent développer les compétences nécessaires pour y parvenir.
Yvenie est une architecture vivante de résistance : elle sculpte des mots comme des pierres fondatrices, elle érige des projets comme des cathédrales de lumière. Son engagement est une poésie incarnée, une densité de pensée et de combat où la douceur se mêle à l’inflexible rigueur. Elle est à la fois sœur, militante, stratège, et muse : une figure qui inspire, qui mobilise, qui redonne aux femmes et aux filles la certitude qu’elles sont les piliers de la liberté.
Quelle place accordez-vous à la solidarité entre femmes ?
La solidarité est essentielle. Quand les femmes se soutiennent, elles deviennent une force collective capable de créer de véritables changements.
Quels changements espérez-vous voir dans les dix prochaines années ?
J’espère voir davantage de femmes accéder à l’éducation, aux opportunités économiques et aux postes de leadership. J’aimerais aussi que les jeunes filles grandissent dans une société qui valorise leur potentiel et leur donne confiance en leurs capacités.
Comment les hommes peuvent-ils être des alliés ?
Les hommes peuvent être des alliés en soutenant les initiatives pour l’égalité, en remettant en question les stéréotypes et en encourageant les femmes à occuper pleinement leur place dans la société.
Quel message adresser aux jeunes filles qui hésitent à s’engager ?
Je leur dirais que leur voix compte. Chaque engagement, même petit, peut contribuer à changer les choses. Il ne faut pas attendre d’être parfaite pour agir ; il faut simplement commencer.
Comment votre identité nourrit-elle votre engagement féministe ?
Mon identité, mon parcours académique et professionnel, ainsi que mon engagement communautaire ont renforcé ma conviction que le changement passe par l’éducation, le leadership et la collaboration.
Quelle place accordez-vous à l’art et à la créativité dans cette lutte ?
L’art et la créativité sont des outils puissants pour sensibiliser, raconter des histoires et toucher les émotions. Ils permettent aussi de transmettre des messages de manière accessible et inspirante.
Que représente pour vous la Journée internationale des droits des femmes ?
Pour moi, la Journée internationale des droits des femmes est à la fois un moment de célébration des progrès réalisés et un rappel que beaucoup de travail reste à faire. C’est surtout un appel à l’action pour continuer à construire une société plus juste et inclusive.
Yvenie Chouloute est une architecte de lumière dans un pays souvent assombri par les inégalités. Elle bâtit des ponts entre savoir et action, entre mémoire et avenir. Ses diplômes ne sont pas des titres figés mais des armes de transformation, forgées pour ouvrir des chemins aux femmes et aux filles. Son féminisme est une houle vivante : il ne se limite pas aux discours, il s’incarne dans les formations offertes, dans les bourses distribuées, dans les mains tendues aux plus vulnérables. Elle est à la fois stratège, militante et éducatrice, une voix qui refuse l’effacement et qui inscrit dans la chair du quotidien la promesse d’un Haïti égalitaire.
Dans ses pas résonne l’écho des marronnes et des pionnières : elle ne marche pas seule, elle porte avec elle une multitude de voix étouffées qu’elle libère par son action. Yvenie est une flamme indomptable, une étoile qui éclaire la route des générations futures, une légende en devenir dont la densité poétique se confond avec la rigueur de son engagement. Dans le tumulte des contradictions sociales, elle demeure une étoile fixe, une boussole qui indique la direction de l’avenir. La Marie-jeanne des temps modernes n’est pas seulement une militante : elle est une légende en devenir, une voix qui inscrit dans la mémoire collective la promesse d’un Haïti où l’égalité ne sera plus un rêve différé, mais une réalité vécue.