La publication du rapport accablant de l’Unité de lutte contre la corruption (ULCC) visant l’ancien président Joseph Michel Martelly aurait déclenché une véritable offensive politique au sommet du Conseil présidentiel de transition (CPT). Selon des sources bien informées, des conseillers présidentiels, dont certains sont eux-mêmes épinglés ou inculpés pour corruption chercheraient activement à évincer le directeur général de l’ULCC, Hans L. Joseph.
D’après nos informations, un responsable d’une organisation de défense des droits humains aurait déjà été approché en coulisses pour prendre la tête de l’institution anticorruption. Une tentative perçue par plusieurs observateurs comme une manœuvre visant à museler l’ULCC et à neutraliser toute poursuite susceptible de compromettre des intérêts politiques.

À environ moins de 2 mois de la fin du mandat du CPT, ces tractations s’inscrivent dans un climat de fin de règne marqué par l’échec. Incapables de rétablir la sécurité ni de créer les conditions nécessaires à l’organisation d’élections crédibles, les conseillers présidentiels sembleraient désormais préoccupés par la préservation de leurs arrières politiques et judiciaires.
Toujours selon notre source, une vague de nominations massives serait en préparation, avec plus d’une quinzaine de directeurs généraux pressentis, notamment à l’UCREF. Une stratégie assimilée à un verrouillage institutionnel de dernière minute, destinée à prolonger leur influence au-delà du 7 février.
Ces informations ont été relayées par Radio Métronome, dans un contexte où la société civile et plusieurs secteurs démocratiques dénoncent une dérive autoritaire et une instrumentalisation des institutions de contrôle.