La récente décision de la FIFA, rendue le 18 décembre 2025, de retenir neuf arbitres haïtiens sur les onze proposés par la Commission nationale des arbitres (CONA) relance un débat récurrent dans le football national : celui du favoritisme. Sur les onze arbitres élites nationaux soumis à l’instance internationale, sept provenaient déjà de Pétion-Ville, un déséquilibre initial qui interroge sur les critères de sélection internes à la Fédération haïtienne de football (FHF). Cette forte représentation des Pétion-villois laisse planer un doute légitime quant à l’équité du processus.
Certes, la FIFA reste souveraine dans ses choix et applique ses propres standards techniques, physiques et disciplinaires. Cependant, le problème semble se situer en amont. La CONA aurait pour mission est de proposer une liste reflétant la diversité, la compétence et le mérite des arbitres à l’échelle nationale. Lorsque plus de la moitié des candidats proviennent d’une seule juridiction, il devient difficile de convaincre que toutes les régions bénéficient des mêmes opportunités de visibilité et de promotion.

Le verdict final : quatre arbitres centraux et cinq arbitres assistants retenus. Cela n’a fait qu’accentuer le malaise, car il confirme indirectement la domination de Pétion-Ville dans le paysage arbitral haïtien. Cette situation nourrit un sentiment de frustration chez de nombreux arbitres évoluant en province. Ils sont souvent confrontés à un manque de formations, d’accompagnement et d’accès aux compétitions de haut niveau. Pourtant, ces éléments sont très déterminants pour être éligible à une reconnaissance internationale.
En persistant dans cette dynamique, la FHF et la CONA prennent le risque de fragiliser la crédibilité du système arbitral national. Le nepoitisme réel ou perçu mine la motivation, freine le développement du talent en région. Cette pratique va à l’encontre des principes d’équité prônés par la FIFA elle-même. Pour gagner plus qu’un simple “pari”, les dirigeants du football haïtien doivent désormais miser sur la transparence, la décentralisation et une politique arbitralement juste au service de tout le pays et non d’une seule commune.
Selon les commentaires, cette décision serait influencée par certains membres de la CONA qui sont issus de Petion-Ville.