À l’approche de la date ultime marquant la fin du mandat du Conseil présidentiel de transition (CPT), prévue pour le mois de février prochain, une majorité de cinq conseillers sur sept a adopté, le mercredi 21 février, une résolution visant à révoquer le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé.
Les conseillers présidentiels signataires de cette décision sont Leslie Voltaire, Louis Gérald Gilles, Fritz Alphonse Jean, Edgar Leblanc et Smith Augustin. Cette initiative intervient dans un climat politique déjà tendu, alors que le pays s’enlise dans une crise institutionnelle et sécuritaire persistante.
L’information a été confirmée par le porte-parole de la Présidence, Jacques Derosier, lors d’une intervention sur une station de radio de la capitale. Par ailleurs, Radio Vision 2000 a rapporté, dans son journal matinal de ce jeudi, citant une source proche du CPT, que le document de révocation aurait déjà été transmis à la presse nationale en vue de sa publication.
La décision n’a pas tardé à susciter des réactions sur la scène internationale. Les États-Unis ont estimé que les membres du CPT ne disposent plus de la légitimité nécessaire pour prendre une décision d’une telle portée à seulement quinze jours de la fin de leur mandat. Washington juge ainsi la résolution nulle et non avenue.
Sur le plan national, le directeur exécutif du Réseau national de défense des droits humains (RNDDH), Pierre Espérance, est intervenu ce jeudi matin sur les ondes de Radio Vision 2000. Il a qualifié la décision de la majorité des conseillers présidentiels de sans effet juridique, soulignant l’absence de légitimité du CPT à ce stade de la transition. Pierre Espérance a également appelé le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé à ne pas recevoir le document de révocation et à faire appel aux forces armées afin de prendre le contrôle du siège du CPT, situé à la Villa d’Accueil.
Cette nouvelle escalade des tensions politiques survient dans un contexte marqué par l’insécurité généralisée et une profonde incertitude institutionnelle. À l’approche de la fin annoncée du mandat du CPT, l’issue de ce bras de fer politique reste incertaine, tandis que la population continue d’attendre des réponses concrètes face à la crise multidimensionnelle que traverse le pays.