Le Parti Rêve Haïtien (RH) a vivement dénoncé la décision du gouvernement dirigé par Alix Didier Fils-Aimé d’accorder un contrat de plus de 542 millions de dollars à l’entreprise américaine Evergreen Trading System Limited. Dans une note de presse, la formation politique affirme que cet accord, validé par la Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratifs (CSCCA), confierait pendant dix ans à cette société le contrôle des finances publiques liées aux douanes et aux postes frontaliers entre Haïti et la République dominicaine.
Selon le RH, cette décision constitue une « abdication de la souveraineté nationale ». Le parti estime que le contrôle des recettes douanières et des points frontaliers représente un enjeu stratégique majeur pour l’État haïtien et ne devrait pas être confié à une entité étrangère. Il affirme également que cette mesure pourrait exposer le pays à une dépendance accrue dans la gestion de ses ressources financières et de sa sécurité frontalière.

La formation politique critique en outre la légitimité du gouvernement actuel pour conclure un contrat de cette envergure, estimant qu’un tel engagement devrait être pris par des autorités issues d’élections. Elle évoque également un autre accord accordant un bail de 27 ans à la société Caribbean Port Services (CPS), qu’elle juge excessif par rapport à la durée habituelle des concessions.
Dans son communiqué, le président du Parti Rêve Haïtien, Shizneider Baptiste, appelle la société civile, les organisations syndicales et les forces vives du pays à se mobiliser contre ce qu’il qualifie de « dépossession nationale ». Le parti invite également les partenaires internationaux à examiner la légalité et les implications de cet accord.
Le RH affirme enfin qu’il utilisera tous les moyens politiques et juridiques à sa disposition pour contester ce contrat, tout en réaffirmant son attachement à la souveraineté de l’État haïtien et à la gestion nationale des finances publiques et des frontières.
Cette affaire illustre une fois de plus la fracture profonde entre un pouvoir contesté et des citoyens engagés qui se veulent gardiens de la souveraineté nationale. Elle pourrait devenir un catalyseur de mobilisation dans un pays en quête de dignité et de stabilité.