Les États-Unis ont annoncé, le mercredi 28 janvier 2026, l’imposition de restrictions de visas à l’encontre de deux conseillers-présidents et d’un ministre du gouvernement haïtien, dans un climat de fortes turbulences politiques marqué par la tentative de révocation du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé par cinq membres du Conseil présidentiel.
Selon le porte-parole du Département d’État américain, Thomas « Tommy » Pigott, ces mesures visent des responsables haïtiens accusés d’avoir contribué à la déstabilisation du pays en entretenant des liens avec des gangs armés, désormais désignés par Washington comme organisations terroristes étrangères.

Bien que les autorités américaines n’aient pas officiellement divulgué l’identité des personnalités sanctionnées, l’opinion publique haïtienne évoque les noms de Leslie Voltaire, Smith Augustin et Alfred Métellus, ministre de l’Économie et des Finances, récemment présenté comme un potentiel successeur du Premier ministre contesté.
Cette décision américaine est perçue par plusieurs observateurs comme un signal politique fort, traduisant la volonté de Washington de renforcer la pression internationale contre toute forme de soutien, direct ou indirect, à l’insécurité chronique qui gangrène Haïti.
D’autres voix y voient toutefois une manœuvre de marchandage politique, destinée à influencer les équilibres internes du pouvoir haïtien et à faire taire certains acteurs politiques.
À ce jour, quatre des cinq conseillers-présidents ayant signé la résolution visant la révocation du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé ont déjà été sanctionnés par les États-Unis. Leurs visas, ainsi que ceux de membres de leurs familles, ont été révoqués.
Dans ce contexte, Alix Didier Fils-Aimé semble prendre l’avantage dans la lutte pour le pouvoir, bénéficiant d’un soutien international implicite, à l’approche de la date butoir du 7 février 2026, qui marquera la fin du mandat du Conseil présidentiel.