La crise au sommet de l’État haïtien connaît un nouvel épisode. Le Conseiller-Président Smith Augustin a annoncé sa décision de se mettre en retrait du processus visant la révocation du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, dans un contexte marqué à la fois par de fortes tensions internes au Conseil présidentiel de transition et par des sanctions diplomatiques américaines à son encontre.
Dans une correspondance adressée le 29 janvier 2026 à ses pairs, Smith Augustin informe qu’à compter de ce jeudi et jusqu’au 7 février 2026, il s’abstiendra de prendre part à tout processus décisionnel lié au renvoi du chef du gouvernement. Une décision qu’il dit « pleinement assumée » et motivée par la nécessité de préserver la stabilité institutionnelle.
Représentant de la coalition politique EDE / RED / Compromis Historique au sein du Conseil présidentiel de transition, Smith Augustin estime que la démarche engagée par certains de ses collègues n’est « ni la plus responsable ni la plus appropriée » pour conclure le mandat du Conseil, dans un climat déjà caractérisé par une extrême fragilité institutionnelle et des tensions politiques persistantes.

Ce retrait affaiblit le camp des cinq Conseillers-Présidents ayant adopté et signé la résolution visant le remplacement du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, qui perdent ainsi un allié de poids dans une initiative déjà controversée.
Toutefois, ce volte-face intervient dans un contexte particulièrement sensible. Il survient au lendemain de sanctions prises par les États-Unis à l’encontre de Smith Augustin. Washington a en effet révoqué son visa américain, l’accusant de connivence avec des groupes armés opérant en Haïti, une accusation qui alourdit davantage le climat politique autour de sa décision.
Par ailleurs, le Conseiller-Président est cité dans un dossier de corruption lié à la Banque nationale de crédit (BNC), une affaire qui continue de susciter des réactions dans l’opinion publique et de nourrir les débats sur la crédibilité et l’intégrité des acteurs de la transition.
À quelques jours d’échéances jugées cruciales pour l’avenir du processus de transition, la prise de position de Smith Augustin relance les interrogations sur la capacité du Conseil présidentiel à fonctionner dans un esprit de consensus et de responsabilité, alors que le pays demeure confronté à une crise sécuritaire, politique et institutionnelle majeure.