Alors que la situation sécuritaire continue de se détériorer en Haïti, des discussions stratégiques se tiennent en dehors du pays, impliquant des acteurs régionaux et internationaux. À l’issue d’une rencontre à la frontière dominicano-haïtienne, le ministre des Affaires étrangères, Roberto Álvarez, a confirmé que la République dominicaine a demandé aux États-Unis d’être tenue informée du déploiement des forces internationales en Haïti.
La réunion, tenue notamment à Dajabón après des échanges à Port-au-Prince et à Saint-Domingue, a permis d’aborder les modalités du futur déploiement de la force de répression des gangs «FRG» destinée à appuyer les autorités haïtiennes face à la montée de l’insécurité. « Nous avons demandé aux États-Unis de nous tenir informés du déploiement de ces forces », a déclaré Roberto Álvarez, soulignant l’importance pour son pays de suivre de près cette opération.

Selon le chef de la diplomatie dominicaine, un premier contingent, incluant un bataillon tchadien actuellement en formation aux États-Unis, devrait être déployé dès le début du mois d’avril. Il a également évoqué la nécessité de comprendre le processus de transition lié au retrait progressif des forces kényanes présentes dans certains pays de la région.
Ce déploiement, estimé à environ 5 500 hommes, est prévu pour le 1er avril prochain. Il intervient dans un contexte de tensions extrêmes en Haïti, où les forces de l’ordre affrontent depuis plusieurs jours des groupes armés, notamment à l’entrée sud de Port-au-Prince. Ces affrontements ont provoqué une vive inquiétude au sein de la population, perturbant fortement la circulation et les activités quotidiennes.
Cependant, un élément majeur suscite des interrogations : l’absence des autorités haïtiennes lors de cette réunion consacrée à la sécurité du pays. Cette mise à l’écart apparente soulève des questions sur le niveau d’implication de l’État haïtien dans les décisions stratégiques le concernant directement.
Alors que la crise s’intensifie, la coordination entre Washington et Saint-Domingue reflète une volonté d’agir rapidement face à l’urgence. Mais elle met également en lumière la fragilité institutionnelle d’Haïti et les défis liés à la préservation de sa souveraineté dans la gestion de la crise sécuritaire.