Le débat sur la sécurité nationale a pris une tournure polémique après les déclarations du secrétaire d’État à la Sécurité publique, Mario Andrésol, mettant en cause le directeur exécutif du Réseau national de défense des droits humains (RNDDH), Pierre Espérance. Ce dernier est accusé d’ingérences dans le fonctionnement de la police judiciaire et de pratiques frauduleuses présumées.
Intervenant à l’émission Haïti Débat sur les ondes de Radio Scoop FM, Mario Andrésol a affirmé que Pierre Espérance aurait, à plusieurs reprises, exercé des pressions sur certains responsables de la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ). Ces pressions auraient visé à influencer des arrestations ciblées ou à obtenir de l’argent auprès de détenus en échange de leur libération, dans un contexte marqué par des relations tendues entre les autorités sécuritaires et certaines organisations de défense des droits humains.

Selon le secrétaire d’État, les critiques formulées par le RNDDH à l’encontre de la DCPJ, notamment sous la direction de Marc Justin, s’expliqueraient par une perte de contrôle sur certains dossiers sensibles. Il soutient que la nouvelle direction de la DCPJ aurait mis fin à des pratiques d’instrumentalisation, en traitant plusieurs dossiers longtemps restés en suspens sur la base d’accusations jugées insuffisamment étayées.
Mario Andrésol affirme par ailleurs disposer de témoignages de personnes se déclarant victimes de ces pratiques. Il rappelle qu’au moment de la nomination de Normil Rameau à la tête de la Police nationale d’Haïti (PNH), Pierre Espérance figurait parmi les premiers à critiquer publiquement cette décision. Toujours selon le secrétaire d’État, ces critiques auraient cessé après le versement présumé d’une somme d’argent par Normil Rameau.
De plus, Mario Andrésol, l’ancien directeur général de la PNH a également mis en cause Pierre Espérance dans le détournement présumé de 600 000 dollars américains provenant d’un fonds de dédommagement destiné aux familles des enfants victimes de médicaments périmés distribués par la pharmacie Pharval.
À ce stade, aucune réaction officielle de Pierre Espérance ni du RNDDH n’a été rendue publique. Ces accusations, formulées publiquement, s’inscrivent dans un climat de fortes tensions entre les autorités en charge de la sécurité et certains acteurs du secteur des droits humains en Haïti.