Dans un contexte d’insécurité généralisée marqué par l’emprise croissante des groupes armés sur plusieurs régions, dont près de 80 % de la zone métropolitaine de Port-au-Prince, le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme tire la sonnette d’alarme sur la situation des droits humains en Haïti.
Dans un rapport publié le mardi 24 mars 2026, l’institution onusienne dresse un constat préoccupant : la violence continue de s’intensifier à un rythme soutenu. Entre le 1er mars 2025 et le 15 janvier 2026, au moins 5 519 personnes ont été tuées et 2 608 autres blessées, illustrant une détérioration continue du climat sécuritaire.

Selon le rapport, les groupes armés sont responsables de 1 424 morts et 790 blessés. Ils maintiennent leur contrôle sur plusieurs zones stratégiques, en particulier dans la capitale, où les civils sont régulièrement la cible d’attaques, d’enlèvements contre rançon et d’autres exactions.
Toutefois, le document met également en cause les opérations des forces de sécurité, auxquelles sont attribués 3 497 morts et 1 742 blessés. Ces chiffres soulèvent de sérieuses inquiétudes quant au respect des normes internationales en matière de droits humains lors des interventions sécuritaires.
Face à cette situation, le Haut-Commissariat appelle à l’ouverture d’enquêtes indépendantes, crédibles et transparentes sur l’ensemble des violences recensées. L’organisation met en garde contre une crise humanitaire et institutionnelle sans précédent, aggravée par la faiblesse de l’État et la perte de contrôle sur certaines parties du territoire.
Le rapport exhorte enfin les autorités haïtiennes, ainsi que la communauté internationale, à adopter de toute urgence des mesures concrètes visant à protéger les civils et à rétablir l’État de droit.