Cinq jours après l’assaut meurtrier lancé le 30 novembre 2025 à Pont-Sondé, l’ampleur de la tragédie continue de se dévoiler. Quatorze corps sans vie ont été retrouvés dans la zone, selon les premiers constats d’organisations locales, confirmant la brutalité du massacre perpétré par les hommes armés du gang Gran Grif.
D’après Berthide Horace, responsable d’une organisation communautaire, quatorze dépouilles ont été formellement identifiées ce jeudi. D’autres corps, calcinés pourraient encore être découverts, laissant craindre un bilan bien plus lourd que celui communiqué jusqu’ici.

L’attaque, d’une violence inédite, a plongé Pont-Sondé dans un décor de désolation : maisons ravagées par les flammes, habitants blessés par balles, familles endeuillées et population fuyant dans la panique. Plusieurs dizaines de personnes ont passé des nuits entières à la belle étoile, sur la place publique ou dans les locaux de la mairie, redoutant une nouvelle offensive à tout moment.

Le commissaire principal de Saint-Marc, Nestor Ereste, assure toutefois que les unités de la Police nationale, épaulées par des groupes d’autodéfense, ont réussi à repousser les assaillants vers leur base après plusieurs jours d’échanges nourris de tirs. Des opérations de ratissage se poursuivent afin d’éviter toute nouvelle incursion et de permettre aux centaines de familles déplacées de regagner leurs maisons, encore traumatisées par l’horreur.
Alors que Pont-Sondé tente de se relever de ce carnage, une même inquiétude traverse les localités du Bas-Artibonite: Liancourt, Petite Rivière de l’Artibonite, Verrettes et Lachapelle : combien de temps encore leurs habitants devront-ils survivre entre peur, deuil et incertitude, face à un État toujours incapable d’assurer leur protection la plus élémentaire ?