Noël devrait être un moment de partage et de célébration. En Haïti, en 2025, il se vit dans un contexte d’insécurité extrême. Trois départements: Artibonite , Centre et l’ouest sont sous le contrôle des gangs criminels «Viv Ansanm» , et la capitale Port-au-Prince elle-même est occupée à près de 80 %. Les rues, autrefois animées, sont désormais désertes, et circuler devient un acte de courage et de bravoure.
Les traditions de Noël, telles que les messes de minuit, les chants et les festivités culturelles, où des artistes de tous horizons se produisaient un peu partout sur le territoire pour raviver la joie et la gaieté dans les cœurs, ainsi que les rassemblements familiaux et les réveillons, se font de plus en plus rares. Elles sont limitées par la peur, le risque d’enlèvements et la violence ambiante.
La situation sociale est tout aussi alarmante. La vie chère et l’inflation rendent l’accès aux aliments de base presque impossible pour beaucoup.
Dans les camps de déplacés, des familles entières vivent dans des abris de fortune, sans eau potable ni électricité. Les enfants découvrent un Noël où jouets et repas dignes de la fête sont des luxes oubliés. Même la soupe joumou, symbole de liberté et de dignité, reste hors de portée.

Pourtant, au milieu de cette détresse, l’esprit de résistance et de solidarité des Haïtiens demeure intact. Les voisins s’entraident, les associations locales et églises distribuent ce qu’elles peuvent, et des initiatives citoyennes émergent pour soutenir les plus vulnérables. Cette résilience est le vrai miracle de Noël 2025 : un peuple qui refuse de céder à la peur, qui continue à espérer et à agir malgré tout.
Noël 2025 doit également être un appel urgent aux autorités et à la communauté internationale : la population haïtienne ne peut plus célébrer la vie dans l’insécurité et la précarité. Il est temps d’agir pour restaurer la sécurité, garantir l’accès à la nourriture et aux services de base, et protéger la dignité des citoyens.
Aux Haïtiens, ce Noël rappelle l’importance de l’unité et de l’action collective. La lumière de Noël peut encore briller, mais seulement si chacun refuse la résignation et se mobilise pour la justice, le bien-être et la solidarité. Dans les camps, dans les quartiers qui ne sont pas encore contrôlés par les gangs, la résistance citoyenne devient la plus belle des célébrations : celle de la dignité humaine face à l’adversité.