Le rideau est tombé le samedi 7 février 2026 sur le Conseil de transition, et ce n’est pas un bilan qu’il laisse derrière lui, mais un champ de ruines. Pendant des mois, ces prétendus gardiens de l’intérêt national n’ont rien fait pour soulager la misère du peuple haïtien. Rien, sauf s’enrichir sur le dos d’une population déjà écrasée par l’insécurité, la faim et l’effondrement économique. Le Conseil de transition, censé incarner une respiration démocratique et un sursaut institutionnel, s’est révélé n’être qu’un mirage. Derrière les discours creux et les promesses jamais tenues, il n’y a eu qu’une réalité brutale : l’inaction. Pas de réforme, pas de vision, pas de stratégie pour sortir le pays du gouffre. Ce mandat n’aura été qu’une parenthèse de privilèges, où les membres du Conseil se sont servis sans vergogne, pendant que la majorité des Haïtiens s’enfonçaient dans la misère.

L’insécurité, laissée en héritage
Pendant que les gangs imposaient leur loi, que les quartiers populaires se transformaient en zones de non-droit, le Conseil de transition s’est contenté de regarder ailleurs. L’insécurité est devenue le quotidien : enlèvements, assassinats, déplacements forcés. Et pourtant, aucune politique sérieuse n’a été mise en place pour protéger les citoyens. Le peuple a été abandonné, livré à lui-même, pendant que ceux censés le défendre se barricadaient derrière leurs privilèges.
Ils avaient la mission de stabiliser, de reconstruire, de redonner un souffle à une nation à genoux. Au lieu de cela, ils ont transformé leur mandat en une rente personnelle, une opportunité de s’asseoir sur les privilèges pendant que les quartiers s’embrasaient et que les familles s’enfonçaient dans la pauvreté.
Une économie à genoux
L’économie haïtienne, déjà fragile, s’est effondrée davantage sous ce mandat. Inflation galopante, chômage endémique, effondrement du pouvoir d’achat : rien n’a été fait pour relancer la production nationale ou soutenir les petites entreprises. Le Conseil a préféré s’enrichir à travers des circuits opaques, laissant les marchés vides et les familles incapables de nourrir leurs enfants. La transition n’aura été qu’un accélérateur de pauvreté.
Le cadeau empoisonné : un Premier ministre imposé
Comme si ce désastre, ce naufrage ne suffisait pas, le Conseil a laissé le pays entre les mains d’un Premier ministre incompétent, parachuté au sommet de l’État avec le soutien des États-Unis. Ce n’est pas une passation de pouvoir, c’est une confiscation. Une prise d’assaut institutionnelle qui réduit encore davantage la souveraineté nationale. Le peuple n’a pas choisi, il a subi. Et ce choix imposé ne fait qu’aggraver la crise de légitimité qui ronge l’État haïtien.
L’illusion de l’aide internationale
Les États-Unis aiment se présenter comme les champions de la démocratie et de la liberté. Ils n’hésitent pas à mobiliser des milliards pour soutenir l’Ukraine, à brandir le drapeau de la solidarité quand cela sert leurs intérêts géopolitiques. Mais quand il s’agit d’Haïti, ce pays qu’ils prétendent « aider » depuis des décennies, leur silence et leur inaction face aux massacres orchestrés par les gangs sont assourdissants.
Laisser le chaos prospérer
Alors que les quartiers populaires sont ravagés par la violence, que des familles entières sont décimées par des bandes armées, Washington a choisi de détourner le regard. Pas de plan massif de sécurité, pas de soutien réel pour restaurer l’ordre. Les États-Unis ont laissé les gangs prospérer, comme si l’instabilité permanente était un outil commode pour maintenir Haïti sous dépendance.
Le double standard flagrant
Comment expliquer qu’un pays capable de déployer des armes sophistiquées, des milliards de dollars et une coalition internationale pour défendre l’Ukraine, reste incapable – ou refuse – de protéger des civils haïtiens massacrés dans leurs propres rues ? Ce double standard est une gifle. Il révèle une vérité brutale : la vie des Haïtiens ne pèse rien dans la balance des intérêts américains.
Le soutien à un Premier ministre de facto
Et comme si ce mépris ne suffisait pas, Washington s’acharne à maintenir au pouvoir un Premier ministre de facto, dépourvu de légitimité populaire. Ce choix imposé n’est pas une solution, c’est une condamnation. En soutenant un dirigeant rejeté par une grande partie de la population, les États-Unis assènent un coup fatal à la souveraineté haïtienne.
La menace des bateaux de guerre
Dernier acte de cette hypocrisie : la menace militaire. Envoyer des bateaux de guerre pour intimider un peuple déjà meurtri, c’est transformer l’aide en chantage, la diplomatie en occupation déguisée. Ce geste n’est pas un signe de solidarité, mais une démonstration de force destinée à rappeler qui tient réellement les rênes du pays.
Haïti, victime d’une tutelle cynique
Les États-Unis n’ont pas aidé Haïti à se relever. Ils ont entretenu son effondrement, manipulé ses institutions, et imposé des dirigeants sans légitimité. Derrière les discours sur la démocratie et la stabilité, il n’y a qu’une réalité : une mainmise cynique qui condamne le peuple haïtien à la misère et à la violence. Haïti n’a pas besoin de tutelle, elle a besoin de liberté. Mais tant que Washington continuera à dicter ses règles, la souveraineté haïtienne restera un mirage
Le peuple, éternel perdant
Au final, il n’y a qu’un seul perdant : la population haïtienne. Dépossédée de son avenir, trahie par ses élites, abandonnée par ses institutions, elle reste seule face à la faim, à la peur et à l’incertitude. Le Conseil de transition n’aura été qu’une mascarade, une pièce de théâtre où les acteurs s’enrichissent pendant que la nation s’effondre.
La transition comme symbole du naufrage
Ce mandat restera dans l’histoire comme celui de la honte. Non pas parce qu’il a échoué à redresser le pays, mais parce qu’il n’a même pas essayé. Il a préféré transformer la transition en rente, la misère en opportunité, et la souveraineté en marchandise. Haïti mérite mieux que des gestionnaires de privilèges. Haïti mérite des bâtisseurs, pas des profiteurs.