Entre crise Insécuritaire, et politique : le pays face à l’urgence d’un choix historique
L’année 2025 s’achève pour Haïti dans un climat de profonde détresse. Jamais, ces dernières années, le pays n’avait autant donné l’image d’une nation à bout de souffle. Insécurité généralisée, morts violentes à répétition et vie chère ont marqué le quotidien d’une population abandonnée à elle-même.
La violence armée s’est imposée comme le fait dominant de l’année. Des quartiers entiers sont passés sous le contrôle de groupes criminels, des axes routiers stratégiques ont été paralysés, et la peur s’est installée durablement. Enlèvements, assassinats et déplacements forcés ont brisé des milliers de familles, tandis que l’État peine à assurer sa mission régalienne la plus élémentaire : protéger.

Sur le plan économique, la situation est tout aussi alarmante. L’inflation persistante, la flambée des prix des produits de première nécessité et la dépréciation continue de la gourde ont réduit à néant le pouvoir d’achat. Pour beaucoup, se nourrir dignement, se soigner ou envoyer un enfant à l’école relève désormais de l’impossible.
À cette crise sécuritaire et sociale s’ajoute une grave crise politique au sommet de l’État. L’année 2025 a été marquée par une lutte ouverte pour le pouvoir entre les membres du Conseil présidentiel de transition (CPT) et le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé. Rivalités internes, paralysie décisionnelle et conflits d’intérêts ont affaibli davantage un exécutif déjà fragile. Dans ce climat délétère, les accusations de corruption se sont multipliées, renforçant l’impression que les plus hautes sphères du pouvoir sont davantage préoccupées par leurs intérêts que par le sort du pays.
Le calendrier politique ajoute à l’incertitude. Le 7 février prochain apparaît comme une date charnière pour l’avenir politique d’Haïti, marquant théoriquement la fin du CPT. Mais au lieu de clarifier l’horizon, cette échéance nourrit les inquiétudes. Le pays se dirige-t-il vers une véritable sortie de transition ou vers une nouvelle formule transitoire, encore plus fragile, censée conduire à des élections crédibles ?
À l’orée de 2026, la question n’est donc plus seulement celle de l’espoir, mais celle de la rupture. Sans sécurité, sans lutte réelle contre la corruption, sans gouvernance responsable et sans consensus politique, aucune élection ne pourra restaurer la confiance populaire ni ouvrir la voie à la stabilité.
Haïti a prouvé, à maintes reprises, sa capacité de résilience. Mais la résilience ne peut plus servir d’alibi à l’échec. 2026 sera l’année du sursaut ou celle du naufrage. Entre ces deux chemins, le choix est désormais historique, et il engage la responsabilité de tous.















Laisser un commentaire